Baptiste Giabiconi, des ventes suspectes à la FNAC Elysée

L'album de Baptiste Giabiconi déboule 20ème du Top de la semaine, loin de la première place, mais surtout, un bon tiers des ventes semble sujet à caution.

L'affaire a des relents de vieille combinacion... Les ventes du premier disque de Baptiste Giabiconi sont enfin connues, dans le Top réalisé par GFK (ventes payées sortie de caisse), qui est arrivé aujourd'hui entre les mains du SNEP. Oxygen n'arrive que vingtième -  ce qui n'est pas si mal - cependant, l'opus enregistré par le mannequin atterrit loin de la première place. Celle que le site Vente-privée et le producteur avaient revendiqué il y a deux semaines, faisant un scandale à peu de frais, menaçant même d'en appeler à un arbitrage ministériel - dont on se demande encore ce qu'il aurait bien pu décider dans une affaire purement privée.

Bref, des 21 000 ventes que réalise Baptiste Giabiconi, 2418 sur la semaine passée ont été enregistrées dans les réseaux traditionnels, permettant un décompte par GFK. Sur ce dernier total, c'est seulement 159 en "dématérialisé", ce qui est un taux très faible de 6%... Le SNEP s'est penché sur l'affaire pour en comprendre la mécanique, et il est peu de dire que cela tourne à la farce grossière. En réalité la ventilation de ces chiffres par enseigne est la suivante (une donnée qui n'est pas fournie par GFK) : 60 exemplaires  dans les magasins Virgin, 30 pour les grandes surfaces Auchan, 739 répartis dans les autres circuits de distribution mais 1589 ventes à la FNAC : et plus troublant encore 811 CD étalés sur deux jours (jeudi et vendredi) uniquement dans le magasin des Champs-Elysées ! Alors de là à imaginer qu'une poignée de fans déchainés a vidé les étagères, il semble bien que ces CD aient fait l'objet d'un achat en bloc. Par qui ? L'étude GFK ne le dit pas, bien évidemment. Le Point évoquait déjà la semaine dernière une combine marketing, et c'est certainement la plus plausible des explications. D'autant que le titre n'apparait pas dans le classement des titres joués dans le panel des trente cinq radios sondées par Yacast... La seule promotion de l'artiste fut donc cette dispute médiatique orchestrée avec une certaine dose de mauvaise foi si l'on croit les chiffres de ventes de GFK.

220 000 euros récoltés

L'affaire serait sans grande conséquence finalement, si elle n'avait pas été orchestrée par le site Vente-privée à son commencement - dont il n'existe pas de détail des ventes sur la première semaine - et que l'argent investi via My Major Company n'était pas celui des internautes. 280 000 euros ont été récoltés par l'artiste pour développer son album (les internautes coproducteurs nous indiquent que cette somme a été uniquement récoltée pour financer la promotion de l'album, qui avait déjà été enregistré, ce qui ne change pas le fond de l'affaire) sur l'Internet. Une partie de cette somme a t-elle servi à acheter les 811 CD ? Il faudra bien que MyMajor ou le manager de l'artiste, ou encore Vente-privée s'expliquent...

Et sinon, que penser de cette politique de crowdfunding plus ou moins claire qui attire des quidam dans une souricière digne des années 50 ou 60, quand à l'époque un producteur trop zélé achetait des disques pour occuper, par un levier artificiel, la première place des charts; on sait maintenant que Brian Epstein avait procédé ainsi avec les Beatles... Baptiste Giabiconi sera t-il le prochain Beatles ? Nous ne parierons pas sur cette éventualité.

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Rédigé par Emmanuel Torregano

Redacteur en chef