Mediashaker : Vivendi veut ranimer le dialogue

La révolution digitale n’en finit pas d’agiter l’industrie de la culture et de la création. Deuxième groupe de divertissement au monde et premier fournisseur de contenus en Europe, le groupe Vivendi lance sa plateforme de débat et d’information sur les conséquences de la dématérialisation à l’ère 2.0.

« Prenez la parole ! Be a media shaker ! » C’est sur cette injonction que l’internaute est accueilli sur la nouvelle plateforme du groupe Vivendi. La multinationale a lancé ce matin une plateforme de débat sur la culture numérique et la création à l’ère numérique sur le site Culture(s) with Vivendi. "Aujourd’hui, le public est un acteur très important. Il n’est plus un consommateur passif" explique Marie Sellier, collaboratrice du projet. Ce nouvel outil a été voulu par Jean-François Dubos, actuel président du directoire de Vivendi. La plateforme est destinée à "ouvrir le dialogue entre les experts, les universitaires et le public" indique Marie Sellier. Le site, conçu par l'agence Tequilarapido, propose un débat mensuel, alimenté par les contenus éditoriaux que publie Vivendi et par les interventions des internautes sur le forum hébergé sur le site. Marie Sellier évoque les trois thématiques déjà programmées : "Nous avons commencé par évoquer trois aspects de la création numérique, en lien avec l’actualité. Ce mois-ci, nous parlons d’économie du numérique avec pour mot d’ordre Qui finance la création à l’ère numérique ? Au mois de mai, nous évoquerons les usages pratiques, et en juin, nous parlerons de régulation."

 

Connecté à l'actualité européenne

La plateforme se veut aussi riche que le sujet qu’elle traite. Sondage du mois proposé au visiteur, contenus audio et vidéo sont à la disposition du visiteur. Avec la web radio Thevoice, Vivendi souhaite "alterner les projets on line et la restitution d’évènementiel, avec des prises de paroles de personnalités politiques ou institutionnelles" indique Marie Sellier. Prudent, le groupe ne veut pas s’ériger en producteur de norme mais espère rassembler "le plus de voix et d’opinions possibles, qu’elles soient convergentes ou divergentes". Pour ceux qui souhaiteraient collaborer avec le versant éditorial du site, il est possible de soumettre sa contribution à l’équipe de Mediashaker. Et si certaines figures estampillées officielles apparaissent, comme Philippe Chantepie (chargé de mission Stratégie-Prospective au Ministère de la Culture et de la Communication), l’objectif de la plateforme est bien d’être "connecté à l’actualité européenne". Le bilinguisme franco-anglais du site doit servir ce but. Selon Marie Sellier, "Les institutionnels du numérique sont à Bruxelles". Le message est clair. En ces temps de légifération nationale dans le domaine du numérique, si Hadopi veut contribuer à Mediashaker, elle devra prendre son ticket dans la file d’attente, comme tout le monde.

"Une couche supplémentaire d'interactivité"

18 abonnés et 13 tweets. C’est le bilan de la première journée d'existence du compte twitter @mediashaker. Un compte qui est alimenté en français et en anglais, lui-aussi. En bon professionnel du secteur, le groupe Vivendi a choisi de ne pas doter son nouveau bébé d’une page facebook. "Ce média est destiné à un autre type de dialogue. Twitter apporte une couche supplémentaire d’interactivité". 140 signes pour convaincre, Vivendi a choisi l’hyperréactivité médiatique. Un mode de fonctionnement qui résonne dans le dernier article twitté aujourd’hui par @mediashaker : Les nouveaux modèles économiques sont-ils déjà obsolètes ? Voilà qui sonne bien pour un groupe qui n'en finit pas de revoir sa stratégie et dont le portefeuille balance entre la musique, la video et la téléphonie. Les bonnes réponses serviront certainement aux experts du groupe à enfin définir une ligne pour l'avenir. Une nouvelle façon d'engager le crowdsourcing au plus haut niveau de la stratégie d'un groupe mondial... On peut rêver !

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