La tentation de traiter des sociétés comme Amazon comme des partenaires commerciaux normaux est grande pour les fournisseurs de contenus, mais l’affaire Hachette a mis clairement en exergue, s’il en était besoin, qu’Amazon – comme d’autres – n’est qu’une machine de conquête qui met en oeuvre tous les moyens, y compris vaguement licites voire illicites, pour s’accaparer des parts de marché. « Je me demande si on n’a pas un peu trop stigmatisé Amazon », disait Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre en octobre 2013, dans un élan de soutien vis-à-vis du géant de la distribution. Aujourd’hui, on peut penser que la situation a bien changé pour Nourry : Hachette doit s’excuser auprès de ses auteurs pour le blocage – a priori totalement abusif – des (pré)ventes de ses livres par Amazon pour une sombre affaire de pression commerciale sur les prix du livre numérique qui ressemble fort à de l’abus de position dominante. Bonne figure Si l’on peut comprendre que jusqu’à présent l’édition a tenté de faire bonne figure face à son premier client, et de traiter Amazon de manière civile, on peut quand même se demander si l’extrême fermeté…