Une tribune libre pour l' »Acte 2 du CNM »

Ils sont chanteurs, organisateurs de spectacles et producteur. Alain Chamfort, auteur-compositeur et interprète, Daniel Colling, fondateur du Printemps de Bourges,  Marc Thonon, fondateur du label Atmosphériques, auteurs du «  rapport Création musicale et diversité à l’ère numérique » viennent de co-signer une tribune libre en faveur du Centre nation de la musique. Le texte est publié le jour du MaMA, ce rendez-vous de la filière, dont Daniel Colling est le président. Il fait échos à la pris de position de Jean-Noël Tronc, le directeur général de la Sacem dans un entretien donné à Musique…

Jean-Noël Tronc : « Aurélie Filippetti a tenu un discours de vérité »

Jean-Noël Tronc veut jouer un grand rôle dans le paysage des industries créatives. Le directeur général de la Sacem plaide pour une re-fondation du centre national de la musique, mais se défend d’avoir souhaité qu’il soit rattaché au CNC. En fin politique, il souhaite que le cinéma comme la musique travaille main dans la main, pour ainsi dire, lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts face aux politiques, et surtout à la commission européenne. Enfin, Jean-Noël Tronc n’est pas trop sévère avec la ministre Aurélie Filippetti, ce qui tranche dans le concerts de désapprobations que reçoit la locataire de la rue de Valois. (Cet entretien a été publié dans Musique Info du 10 octobre.)

ElectronLibre : le CNM abandonné, quelle est la solution selon vous pour la filière ?
– Jean-Noël Tronc, DG de la Sacem : Mais le CNM n’est pas abandonné. Le gouvernement a écarté pour l’instant l’idée de créer un nouvel établissement public et confirmé que les 90 M€ d’aides nouvelles promises en 2011 n’étaient pas budgétés : nuance !
L’idée du CNM vient de toute façon du secteur de la musique lui-même, chez qui la nécessité…

Enfin, le rapport de la Cour des comptes sur le CNC

Le voilà ! le rapport de la cour des comptes sur le centre national du cinéma.

Le Sénat avait commandé à la cour des comptes un rapport sur le fonctionnement du centre national du cinéma. Ce rapport avait fait l’objet de tous les fantasmes. Certains le disaient assassin pour l’établissement public, alors que les dirigeants de ce dernier assuraient avoir été convaincant lors des auditions. Et bien, le voilà maintenant ce fameux rapport qui commence à circuler sous le manteau avant sa publication par le Sénat.

Rapport CNC – CDC

Dans les faits, ce rapport n’est pas négatif véritablement pour la gestion des aides ou l’administration interne du CNC. Dans les grandes largeurs, comme l’avait expliqué sur ElectronLibre, son président Eric Garandeau, le système « vertueux » de financement du cinéma français n’est pas remis en cause. Pour autant, la CDC pointent…

Assises de l’audiovisuel : la Scam réclame une augmentation de la redevance de 17 euros

Financement public, marché de la publicité, pression de l’audience et métamorphose du paysage audiovisuel à l’heure du numérique multi-supports, voilà autant de thèmes qui ont été abordés lors de la journée « Auteur de vue » organisée par la Scam ce lundi.

La Société civile des auteurs multimédias avait réuni au Forum des images une trentaine d’invités prestigieux du monde des médias, du web et de la culture, qui a débattu devant une bonne centaine d’auteurs, réalisateurs et producteurs semble-t-il anxieux du sort que leur réserve l’avenir.

Financer le service publicL’occasion pour la Scam de faire entendre ses deux principales propositions aux professionnels de l’audiovisuel mais aussi aux politiques présents. D’abord, la société souhaite « briser un tabou » en augmentant la contribution à l’audiovisuel public (ex-redevance) à l’heure actuelle l’une des plus basses d’Europe et ce afin de compenser le manque à gagner de 450 millions d’euros prévu pour le service public avec la menace d’une suppression de la taxe télécom par Bruxelles – laquelle devait palier aux pertes de revenus générées par la suppression de la publicité sur les chaînes rattachées à l’Etat.
Sur ce point, la Scam souhaite à la fois élargir l’assiette, en incluant à nouveau les résidences secondaires, évincées par le passé, et augmenter le montant de cet impôt, de 5 euros en 2013, puis de 3 euros sur 4 ans, afin d’arriver…

Tempête sur la musique, Jean-Noël Tronc répond et dit tout !

L’interview de Jean-Noël Tronc, tout juste nommé directeur général de la Sacem, publiée dans le Monde a déclenché de vives réactions dans la filière musique. Le nouveau venu attaquait dans cet entretien les bases connues du centre national de la musique, sapant les efforts de tous faits jusque-là. La musique apparaissait une fois de plus désunie alors que le nouveau gouvernement bataille ferme avec l’Europe pour imposer un système de financement pérenne de la culture. Ces dans ces conditions que l’intéressé revient aujourd’hui sur ses propos dans une longue interview. Concernant le CNM, il affirme ne pas vouloir remettre en cause la charte signée par la filière, Sacem comprise, lors du dernier Midem, et qui détermine la configuration des aides. Jean-Noël Tronc se montre d’ailleurs plus proche que jamais des points de vue des producteurs. Cependant, le directeur général de la Sacem avance toujours l’idée de proposer au CNC d’ »héberger » le CNM, dans un premier temps. Sur l’Hadopi, la riposte graduée en prend pour son grade, et Jean-Noël Tronc se montre favorable à la fin de la suspension d’internet mais aussi de l’envoi des sommations aux internautes. Sans parle d’un exercice de rétropédalage, Jean-Noël Tronc clarifie largement sa vision de l’action de la Sacem en interne comme à l’extérieur, et annonce aussi la présentation de son plan stratégique lundi prochain aux salariés.

ElectronLibre : Que reprochez-vous à la riposte graduée, exactement ? Est ce à dire que vous appelez à une refonte du système avec amende, sans sommation ?

– Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem : Je lui reproche d’avoir créé une sorte de double peine pour les créateurs : d’un côté, elle leur impose une exception de fait à la règle générale qui est qu’à toute contrefaçon répond une sanction ; de l’autre, elle a créé un réel malaise dans l’opinion publique et fait passer pour attentatoire aux libertés un dispositif qui est plutôt attentatoire au droit des créateurs. Tout cela sans sanction prononcée à ce jour, et pour un dispositif complexe dont une partie reste à la charge financière des sociétés des ayant-droits.

La sommation, c’est quoi ? Si je suis pris à 57 km/h sur la voie sur berge à Paris, on ne m’envoie pas un email d’avertissement, on me retire trois points à mon permis et je dois payer une amende. D’un autre côté, on ne me confisque pas non plus ma voiture. D’où mon hostilité au principe de la suspension de l’accès internet au foyer dont les conséquences pourraient être tellement pénalisantes qu’il est probable en plus que pas un juge n’appliquerait cette sanction.
Refondre le système, c’est ce que le gouvernement a annoncé. La mission Lescure aura notamment ce rôle. Il est temps de prendre un peu de temps, de faire un vrai bilan, qui montrera que le système de l’Hadopi a eu une vraie utilité.
Mais je redis que à l’heure où près de 80% de nos concitoyens sont sur le net, une autorité de régulation chargée des relations entre créateurs et utilisateurs de biens culturels est une bonne chose, une chose légitime et nécessaire. Depuis que le Conseil d’administration de la Sacem m’a élu il y a six mois, j’ai été voir des sociétés sœurs de la Sacem dans 7 pays à l’étranger, avec à chaque fois des rencontres avec des créateurs mais aussi des industriels ou des médias. J’ai été frappé de voir le décalage avec le débat chez nous. Les gens sont réellement intéressés par le modèle français. Ils en voient les limites, mais aussi les avantages.
On a tellement diabolisé cette haute autorité qu’on oublie le sens de son acronyme : «  pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet » ; « pour » et pas « contre » la diffusion des œuvres. Nos créateurs, nos éditeurs, ils se battent tous les jours pour que leurs œuvres soient plus diffusées. Moi qui me suis battu, dès que j’ai rejoint le cabinet du Premier ministre en 1997, pour la libre diffusion des données publiques, qui suis à l’origine de la création de Legifrance, qui est, aujourd’hui encore je crois, la plus grande base de données juridiques gratuite au monde, en inventant même la notion de « données publiques essentielles » qui doivent être libres de droit, je me sens très à l’aise avec ça.
Tout ce que je demande, c’est que l’on n’oublie pas le principe fondamental du droit d’auteur, qui est la liberté du créateur d’accepter ou de refuser la diffusion de son œuvre. Ce droit, c’est le premier de ses droits. Le critère de ce qui doit être sanctionné est donc, plus que jamais, le fait de diffuser l’œuvre d’un auteur sans son autorisation.
« J’ai contribué, avec d’autres, à éviter que cet excellent rapport ne devienne un enjeu d’affrontement gauche-droite »
 

EL : ?Sur le CNM (centre national de la musique) vos…