Le budget de la Culture et de la Communication n’est pas la catastrophe présumée

Le gouvernement a publié le projet de loi de finances 2013, le ministère de la culture a un budget en baisse de 4,3% pour 2013. Pas la catastrophe annoncée.

La voilà donc la grande baisse tant redoutée des budgets de la culture ! A cause d'elle tout avait été bloqué ces dernières semaines, la culture allait être mise au pain et à l'eau, fers aux pieds. Aurélie Filippetti avait prévenu, de grands projets de la mandature précédente seraient remisés au placard, et bien entendu l'Hadopi, coupable a priori, serait au régime sec. Sur ce dernier dossier les discussions se poursuivent entre le ministère et la haute autorité. Est-ce que l'Hadopi se verra imposer une économie supérieure en pourcentage aux autres organismes ? Certains médias annoncent une baisse drastique à 8 millions d'euros contre 12 millions en 2012.

Baisse sur trois ans

Aurélie Filippetti a crié au loup. Car si le ministère est bien l'objet d'une économie de moyens, elle correspond à une baisse de 4,3% par rapport au budget de l'année en cours, à 2,43 milliards d'euros. On est loin de la diète forcée annoncée... Bien sûr, cette contraction des dépenses doit aussi se prolonger dans les budgets des années successives - en 2014, à 2,38 milliards, puis 2015 à 2,35 milliards - mais elle demeure dans la moyenne des ministères du gouvernement Ayrault.

Comme l'avait annoncé dans nos colonnes Eric Garandeau, le président du centre national du cinéma, la taxe sur les télécoms qui avait eu un rendement en forte augmentation cette année sera écrêtée, l'Etat prélève donc 150 millions d'euros. Le dispositif reviendra à la normale pour les années suivantes, à condition évidemment que la TST soit enfin validée par Bruxelles. Le cinéma n'est pas encore sorti d'affaires, et les discussions avec les commissaires de Bruxelles se déroulent désormais avec le ministère de l'Economie numérique de Fleur Pellerin. Toujours au chapitre de l'audiovisuel, la redevance sera augmentée de 2 euros. Aurélie Filippetti avait affronté le ministre du budget Jérôme Cahuzac sur ce dossier. Ce dernier aurait préféré un retour de la publicité à partir de 20 heures sur les chaînes publiques.

516 millions pour la presse

Pour la presse, les aides sont en baisse pour l'année prochaine. Cependant, elles représentent toujours un montant impressionnant de 516 millions d'euros pour l'année, ce qui correspond à une baisse de 4,4%, donc dans les limites de l'exercice pour le ministère. Ce dernier ajoute qu'une réforme des aides à la presse sera entamée et que le contrat d'objectifs et de moyens de l'AFP sera aussi renégocié. Cependant, la crise couve. La publicité n'est pas au beau fixe, loin de là, et le système de distribution Presstalis est au bord du gouffre. A cela, il faut ajouter la baisse continue des ventes sur les grands titres de la presse, qui a largement fragilisé leur modèle économique. Enfin, les aides à la presse en ligne a aussi été très insuffisante et mal adaptées aux petites structures.

Et pour la musique enregistrée ? Rien ou presque. Si le Philarmonique de Paris sera bien achevé, soit une dépense totale de 300 millions d'euros, le centre national de la musique a été abandonné, et des aides sporadiques ont été promises par la ministre. Sauf que rien n'est encore dans les tuyaux. La prolongation du crédit d'impôt n'est pour l'instant qu'une parole de la ministre, tandis que la production indépendante ne sait toujours pas ce que la ministre a prévu pour venir à son aide. Là Aurélie Filippetti a dit la vérité, il est vrai qu'il ne reste plus d'argent pour la musique, même pas une miette de quatre pour-cents.

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Rédigé par Emmanuel Torregano

Redacteur en chef

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