Le monde de la création rend un hommage unanime à Jean-Marie Moreau

Jean-Marie Moreau
Photographie par François Jaglin

L'hommage à Jean-Marie Moreau, décédé jeudi, est unanime. Chacun salue sa carrière émérite à la fois comme créateur et comme défenseur des droits d'auteur.

"Un grand défenseur de la création et un homme charmant". Cette phrase de Pascal Rogard résume parfaitement ce dont tous ceux qui ont eu la chance de côtoyer Jean-Marie Moreau peuvent témoigner. Créateur prolifique et couronné d'immenses succès, Jean-Marie Moreau a défendu les droits des auteurs avec fermeté, mais aussi avec grâce. Comme le dit Claude Lemesle, président d'honneur de la Sacem, dans son hommage : "capable d’habiller sur mesure des interprètes aussi différents que Demis Roussos, Mireille Mathieu, François Feldman, Sylvie Vartan et Alain Delon, il maniait aussi bien l’humain que l’humour, la tendresse que l’engagement sans enragement."

Parmi les derniers combats de Jean-Marie Moreau, alors qu'il luttait déjà contre la maladie, figure la directive droit d'auteur. "Son investissement était total lors de l’examen et du vote de la directive droits d’auteur", souligne la CSDEM, qui salue le "grand compagnon de route qu’elle perd aujourd’hui." Olivier Delevingne, alors président de l'Union Nationale des Auteurs-Compositeurs, s'est battu pour la directive aux côtés de Jean-Marie Moreau, alors président de la Sacem. Dans un texte très personnel envoyé au nom de l'UNAC, il rend hommage à l'humour et à la gentillesse de ce grand auteur, en rappelant qu'il était aussi très sportif. Olivier Delevingne y raconte que suite à une soirée festive, les deux compères ont décidé de rentrer ensemble à pied : "j'avais totalement oublié que Jean-Marie, entre autres activités, avait pratiqué le marathon. Nous voilà donc partis de la Boule noire, et ce soir-là en discutant nous avons traversé Paris et une partie de la banlieue, à pied, en zig-zag pendant pas loin de deux heures. J'ai eu mal aux cuisses pendant 2 jours et l'autre qui était resté frais comme un gardon s'est bien foutu de moi me disant : « t'es vraiment une petite nature »".

Ce talent de marathonien explique, peut-être, que Jean-Marie Moreau se soit lancé dans des combats de longue-haleine, comme celui du Code des Usages de L'édition musicale, qui constitue l'une de ses grandes réussites. Ce sont d'ailleurs les éditeurs qui aujourd'hui le remercient le plus pour son travail sur ce Code, qui a permis d'apaiser les relations entre auteurs et éditeurs. "Pour toute une génération de militants, Jean-Marie Moreau restera comme un modèle. Toujours intègre et franc, il fût l’un des hommes clefs du dépassement des antagonismes entre auteurs et éditeurs de musique, avec le code des usages négocié sous l’égide du Ministère la Culture", explique Bruno Lion, qui a succédé à Jean-Marie Moreau à la présidence de la Sacem en 2019. La CSDEM n'est pas en reste : "au-delà de la carrière de l’auteur, la CSDEM salue également l’engagement qu’avait Jean-Marie Moreau pour la cause des Auteurs. Président de la SACEM, président du SNAC, il défendait ses convictions avec ferveur, comme par exemple tout au long des discussions autour du Code des Usages et des Bonnes Pratiques de l’Édition Musicale qui ont duré deux ans." 

Partagez sur Facebook
Image du lien direct

Rédigé par Isabelle Szczepanski

Angel investor. Journaliste. Belge parisienne.

Les commentaires sont fermés.