Le presque super plan de Comcast pour lutter contre le piratage

Non content de participer au programme de riposte graduée made in USA (surnommé six strikes), Comcast, un des plus gros câblo-opérateur et FAI outre Atlantique, se préparerait à lancer une autre offensive sur le piratage.

Selon Variety, il s'agirait de proposer un accès (évidemment payant) à la version légale d'une oeuvre dès lors que celle-ci est en train d'être téléchargée de manière illicite par l'internaute. Toujours selon le site, Comcast chercherait à rassembler un large consensus autour de ce projet, que ce soit au niveau des créateurs de contenus et ayants droits ou parmi les autres FAI et intermédiaires technologiques. Une version bêta pourrait être lancée sur un périmètre restreint afin d'évaluer l'efficacité de l'idée et son implémentation, qui devrait dans un premier temps se faire sous la forme d'un message pop-up s'accompagnant de lien(s) pour acheter ou louer le contenu sur les services de VOD des compagnies impliquées dans cet essai ou par le biais d'entreprises tierces, comme Amazon, au lieu de le pirater. En théorie, ce système aurait, contrairement à la riposte graduée, l'avantage de l'immédiateté et de la facilité, puisque les liens renverraient non pas vers un service général mais bien vers l'oeuvre précise.

Le seul problème, comme le souligne le Time, c'est que les oeuvres piratées le sont souvent en raison de leur indisponibilité dans les catalogues légaux. Et de citer la série Game of Thrones, parmi les plus piratées , et qui n'est pour le moment disponible que par le biais d'abonnements au câble ET à HBO (aux Etats-Unis, en France c’est Orange Cinéma Séries qui la diffuse en exclusivité). Aucun service de VàD ou sVOD ne propose la série la plus populaire du moment. Time cite également le cas des films les plus récents, qui ne sont pas encore disponibles en dématérialisé et font pourtant partie des plus attractifs pour les consommateurs de culture sur internet. Car aux Etats-Unis, si la chronologie des médias n'est pas inscrite dans la loi et que quelques sorties simultanées dans les salles obscures et en VàD ont pu être expérimentées, la plupart des studios préfèrent exploiter d'abord les films sur grand écran pendant un certain temps avant de les rendre disponibles sur d'autres plateformes. Dernier bémol mis en avant par le Time : les limitations inhérentes aux contenus en fonction de leur provenance. Ainsi un contenu acheté sur Amazon ne sera lisible que sur des appareils ayant obtenu l'accord de la compagnie, et il en va de même pour les achats via Apple. En somme, la version légale serait plus contraignante et moins pratique que son pendant illicite.

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Rédigé par Diane Saint Réquier

Journaliste presse écrite, web, radio. Passionnée de politique, de culture et de nouvelles technologies.

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