Cinéma : Une convention plutôt « moins » que « plus »

Une convention collective du cinéma est en négociation. Mais selon le réalisateur Robert Guédiguian qui s'exprime ce mercredi dans Le Monde, ce serait une fausse bonne idée. Pour l'heure, seuls Pathé, Gaumont, UGC et MK2 auraient intérêt à la signer. Or ils ne représentent que 10% du cinéma français, comprenez la catégorie des films "commercials". Les 90% restant relèvent d'un "cinéma artisanal", mieux connu sous le nom de cinéma d'auteur. Pour Robert Guéridiguian, ces deux secteurs se juxtaposent et s'enrichissent mutuellement - ils garantissent la vitalité et la diversité du cinéma français. Mais chacun relève d'une économie différente, ce qui rendrait irréaliste et injuste toute tentative d'uniformisation des obligations légales via une convention collective. En-dessous de 3,5 millions d'euros de budget, les films devront rogner sur le temps de travail, durcir la cadence, supprimer des postes, tourner hors de France voir même renoncer au film à cause de ce nouveau cadre légal. Soixante films chaque année seraient condamnés à ne pas être tournés. Les projets les moins dotés et les débutants seraient les premiers touchés. Appliquer un droit égal à des situations si différentes créérait une injustice en remplaçant l'équité par la stricte égalité de traitement. Robert Guédiguian remarque qu'il serait plus pertinent de se servir de cette convention encore au berceau pour se préoccuper de la transparence des comptes des films, de la remontée des recettes et des conditions de l'intéressement des participants à ces mêmes recettes.

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