Référence toi et Linkstorm t’aidera !

La Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) a publié sa première étude réalisée avec l’outil Linkstorm, programme conçu pour analyser le référencement des sites d'offres légales sur les moteurs de recherche. Objectif, rendre le label PUR incontournable.

Le nouveau département « Recherche Etude et Veille » (DREV) créé en juin 2012 présente son nouveau bébé. L’outil Linkstorm est désormais au point pour collecter des données précises sur les habitudes de visionnage et de téléchargement de l’internaute français. Dans un rapport publié mardi, la Haute Autorité cherche aussi à mesurer l’impact de son label PUR (Promotion des Usages Responsables) sur les comportements des internautes. Pour cette première, Linkstorm s’est concentré sur 300 films grand public, tous sortis ces 36 derniers mois. Le protocole mis au point analyse les 10 premiers résultats d’une recherche directe lancée sur Google et Bing. L’étude ne tient pas compte des internautes qui se rendent directement sur un site de téléchargement, streaming ou VOD. Cette pratique reste en effet minoritaire (42% des consommateurs) mais pas négligeable.

90% de l’offre légale sollicitée par 3% des internautes

Linkstorm a simulé 2500 recherches à partir d’une IP française (adresse internet), avec les navigateurs Chrome et Firefox. 19 semaines de travail plus tard (4 de tests et 15 d’analyses), Linkstorm a recensé 50 000 sites dont 10 000 dans le top 10 des recherches. Comme on pouvait s'y attendre, l’offre labellisée est sous représentée, elle n’apparaît que dans 3% du total des recherches. Un coup dur pour le label PUR (Promotion des Usages Responsables). Y a-t-il trop peu d’offre labellisée ? Sur les 67 plateformes labellisées, 50% sont musicales et seulement 20% proposent des films dématérialisés. Pourtant, si vous utilisez le mot-clef « VOD », la proportion d’offre de contenus de films labellisés grimpe à 90%. Seul problème, 3% seulement des consommateurs incluent ce terme dans leur recherche. La faible visibilité de l’offre labellisée tiendrait donc à un référencement inadapté des sites licites par rapport aux habitudes des internautes. En effet, si 58% des internautes tapent directement le nom du film dans le moteur, 28% ajoutent le mot « streaming », 8% le terme « téléchargement » et 7% le mot… « torrent » qui les redirige à 85,58% vers des sites « visiblement illicites ».

Pourquoi se focaliser sur les films pour ce galop d’essai ? Il est vrai que l’offre VOD / SVOD ne concerne que 20% des plateformes labellisées. Il y a là un espace à investir. Une étude Ifop réalisée pour l’Hadopi en janvier 2013 indique que la consommation illicite de films et vidéos dématérialisés a baissé depuis décembre 2011. Cependant, cette catégorie de biens culturels reste la moins consommée de façon licite sur internet. Si 67% des internautes déclarent consommer des films et des vidéos de manière licite sur la toile, ils sont 80% à le faire pour la musique et les clips. Le taux de consommation licite le plus élevé concerne les photos, avec 94%. La consommation illicite de films et vidéos est d’abord motivée par le prix, jugé trop élevé pour 69% des sondés. Ils sont 40% à mettre en avant l’absence de choix suffisant.

Les 15-24 ans premiers visés par la campagne PUR

Les 15-24 ans sont un public de choix qu'Hadopi souhaite sensibiliser. Ils sont 70% à regarder des films et vidéos en ligne. 37% d’entre eux utilisent un moteur de recherche pour trouver leur film. Ils sont automatiquement surreprésentés dans la catégorie des consommateurs de contenus illicites. Tous âges confondus, beaucoup d’internautes sont aussi des consommateurs pirates sans le savoir. La faible connaissance du label PUR mène 52% des internautes à estimer qu’un site payant est nécessairement légal. La présence d’une charte et de conditions d’utilisation est considérée comme une garantie suffisante de légalité par 36% des consommateurs. Ils sont 39% à se fier à la renommée du site et 32% à s’appuyer sur l’identification visible du propriétaire du site. L’Hadopi veut donc encourager la diffusion du label PUR pour reprendre le terrain occupé par l’offre illégale. Mais certaines plateformes restent bloquées dans leurs discussion avec les ayant-droits, condition préalable nécessaire pour demander le label.

D'autre part, l'Hadopi met ainsi en place une base de réflexion pour amener tous ces acteurs de la chaîne, moteur de recherche comme plateforme légale, à s'entendre sur un protocole favorisant la consommation licite de contenus. L'Ifpi comme la RIAA ont déjà épinglé Google sur ce point, accusé de ne rien faire pour mettre en avant cette offre légale... Cependant, s'il est vrai que celle-ci est mal référencée, c'est qu'elle doit aussi faire un effort de leur côté.

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