Nicolas de Tavernost envoie un avertissement à la mission Lescure

Nicolas de Tavernost rejette l'accusation portée aux chaines de télévisions qui seraient les responsables de l'inflation des salaires des stars de cinéma. Il affirme aussi son opposition à de nouveaux quotas, exactement pourtant ce à quoi pense la mission Lescure... (Publié le 14 janvier)

Dans un entretien au journal Les Echos, qui sera publié demain, Nicolas de Tavernost, le Pdg du groupe M6 envoie un signal clair à la mission Lescure. Invité à se prononcer sur la polémique née de la tribune de Vincent Maraval, le fondateur de Wild Bunch, concernant les cachés des stars françaises du cinéma, Nicolas de Tavernost a été on ne peut plus clair : "dans le débat autour du financement du cinéma, on a accusé les télévisions privées de surpayer les comédiens...", interroge les journalistes, "c'est faux. Le système est organisé pour que la télévision finance en partie le cinéma, mais ce sont les producteurs qui négocient les salaires. Il y a une loi de marché : qu'un acteur ait du succès et soit bien payé, cela existe dans tous les pays" rétorque t-il. Autrement dit, il n'y a rien à voir ni à changer pour le patron de M6, qui rappelle opportunément que la chaîne a investi 110 millions d'euros dans le cinéma en quatre ans, ce qui fait environ 25 millions d'euros en moyenne par an, ce qui est toujours très loin des centaines de millions dépensés par Canal Plus...

TF1 est d'accord

Cela dit, Nicolas de Tevernost vise directement la mission Lescure dans cet entretien, estimant que "j'espère que cette discussion surréaliste sur le cachet des acteurs ne servira pas de prétexte pour imposer de nouvelles obligations aux télévisions. Nous devons conserver le choix des films que nous finançons." Pas si sûr... Car comme nous l'avons révélé la mission Lescure travaille à une réforme du pré financement du cinéma par les chaînes de télévision. Il s'agirait d'aligner le système sur celui qui existe déjà pour les séries, en imposant des quotas afin de contraindre les chaînes de télévision à investir sur plus de films et de plus petites sommes à la fois.

Le groupe TF1 avait montré plus de compréhension dans cette affaire. Nonce Paolini avait entendu les arguments des professionnels du cinéma avec bienveillance. Cependant, il est tout à fait possible que M6 accepte in finé ces quotas, mais Nicolas de Tavernost ne veut pas certainement que cette refonte du système du pré financement soit l'occasion de glisser plus encore de quotas et d'obligations. Le patron de M6 a fait de la lutte contre les obligations une sorte de leitmotiv de son action depuis plus de 20 ans à la tête de la chaîne, puis du groupe, filiale de l'allemand RTL Group.

Partagez sur Facebook
Image du lien direct

Rédigé par Emmanuel Torregano

Redacteur en chef

Les commentaires sont fermés.