La Hadopi en ordre de marche

Après six mois, des menaces et des imbroglios, finalement le gouvernement a nommé Alain Lequeux et deux autres conseillers pour siéger à l'Hadopi. Un temps favori, Rémi Mathis, le président de Wikimedia, n'a donc pas été retenu - la petite histoire dit qu'il ne faisait pas l'unanimité chez les ayants droit bretonnants. A sa place, c'est donc un parfait inconnu du grand public et des instances qui va officier: Alain Lequeux, secrétaire général adjoint de la GIAA, le Groupement des Intellectuels Aveugles ou Amblyopes, chargé des questions culturelles. Cependant, Alain Lequeux n'est pas un inconnu pour la ministre Aurélie Filippetti, qui l'a déjà décoré (c'était en janvier dernier, promotion de l'ordre des Arts et des Lettres). Alain Lequeux était aussi présent pour l'Ouverture de la Commission nationale Culture et Handicap (CNCH) le 14 janvier 2014. En interne, la décision de nommer Alain Lequeux revient à Aurélie Filippetti, en personne, qui a d'ailleurs soufflé en amont à ses proches, qu'elle avait son idée sur le sujet... La ministre de la Culture et de la Communication préserve ainsi, et avant tout, le bon fonctionnement de la CPD, le bras armé de la Hadopi, dont la présidente est la socialiste Mireille Imbert-Quaretta. Il y n'avait pas encore le feu au lac, mais cette nomination qui trainait avait mis les nerfs des ayants droit à rude épreuve; ils sont toujours très attachés au principe de la Hadopi, comme nous l'avions révélé. L'objectif de la gauche au pouvoir semble se concentrer sur la sauvegarde de la CPD, et non pas l'institution dans son entier, dont un pan, les études et l'offre légale n'est plus en odeur de sainteté au gouvernement. Les restrictions budgétaires prévues sont d'ailleurs calibrées pour épargner le fonctionnent de la CPD, et donc le royaume de Mireille Imbert-Quaretta. Un indice de plus de la proximité de la CPD et du gouvernement actuel : Aurélie Filippetti a avancé l'idée que la Hadopi pourrait être "réorientée" vers la lutte contre le piratage commercial. Un volet développé de longue date par Mireille Imbert Quaretta, et qui a fait l'objet d'un rapport de sa part. Il parait évident qu'une mission réaffectée sur le piratage commercial de la Hadopi aurait plus de chance d'être adoptée par les députés, dont la plupart demeurent toujours très sceptiques quant à l'utilité de frapper les "citoyens".

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Un commentaire sur cet article

  1. sindi67 dit :

    Hadopi ne lâche personne ,et continu son combat contre les téléchargements illégaux et ses mails d’avertissements et tous cela nous mènent ou? A la censure ou notre liberté du net limitée ?