Midem : la filière maquille ses discordances avec le Centre National de la Musique

Le traditionnel déjeuner-débat du Prodiss, syndicat national du spectacle musical, a été l’occasion au Midem d’un état des lieux des enjeux et perspectives sur les prochaines années. En présence du Député Patrick Bloche et du Sénateur Jean-Pierre Leleux, les acteurs qui sont intervenus se sont tous accordés sur la nécessité d’une filière unie lorsqu’elle porte ses priorités et attentes auprès des pouvoirs publics. Mais rares sont les thématiques faisant l’unanimité en son sein, conflit d’intérêts oblige. De quoi conjuguer l’union de la musique au conditionnel.

La filière musicale a doublement fait son cinéma pendant le Midem. Les acteurs se sont efforcés d’y faire bonne figure, alors même qu’ils sont scindés sur les quotas radios ou encore sur le partage de la valeur dans le cadre de la loi Création. Il faut dire que le projet de loi LCAP a on ne peut plus fragmenté une filière dont la faille historique est sa fragilité, causée notamment par son caractère hétérogène. La prééminence de l’union est certes plus que jamais revendiquée par les professionnels de la musique…

Midem : la filière musicale persiste et signe sur l’export

A l’occasion du Midem, la filière musicale s’est rassemblée derrière la bannière de l’export, l’un des rares points de convergence entre les acteurs. Et la rentabilité des productions françaises à l’international étant une priorité de la filière, elle a donc été au centre des interventions lors du Déjeuner-débat du Prodiss.

A l’heure où la baisse du marché de la musique enregistrée en France n’a pas encore été enrayée par les revenus issus du numérique, tandis que la concentration du paysage du spectacle persiste, l’export est un véritable outil de croissance. Il est essentiel à l’économie, au vu…

Manuel Valls prêt à « un coup de pouce » pour soutenir le droit d’auteur devant l’UNESCO

Les 90 ans de la CISAC, fêtés aujourd’hui à Matignon, marquent le début d’un renouveau du combat de la culture pour la mondialisation de la copie privée. « Quelques cents sur chaque appareil au niveau mondial, cela règlerait les problèmes de la culture », nous a confié Jean-Michel Jarre après l’évènement.

« Je suis très fier que Jean-Michel Jarre puisse m’accueillir aujourd’hui à Matignon », a déclaré Manuel Valls avec le sourire : c’est en effet l’artiste, en sa qualité de président de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC), qui a ouvert la réception donnée dans les salons de l’ancienne ambassade autro-hongroise. Organisé à l’occasion des 90 ans de la CISAC, cet événement a été marqué par la promesse du premier ministre d’aider le monde…

Quotas : le torchon brule à nouveau entre la musique et les radios

Coup de chaud sur la filière ! En l’espace de quelques heures le gouvernement a perdu l’avantage sur l’affaire des quotas, alors que le texte passe devant les sénateurs demain.

Ce matin par un communiqué, la filière presque unie de la musique s’était montrée satisfaite concernant le texte proposé par la rue de Valois sur les quotas. Après de nombreux allers-retours entre la filière et le ministère, la question semblait réglée. La ministre et ses conseillers ont su convaincre la Sacem, et travailler avec les différentes sensibilités des producteurs, des représentants des interprètes aussi, pour trouver un terrain d’entente, pour ne pas dire un compromis. La rue de Valois obtenait ainsi le feu vert et le soutien de la musique pour entériner le principe d’un « Malus Bordes » accompagné d’une modulation des quotas en fonction d’engagements sur la diversité de la production et des producteurs… Les radios n’ont jamais donné leur accord, mais là encore, il n’y avait rien…

Les revenus des SPRD en provenance des sites web : une misère

La Commission permanente de contrôle des SPRD a émis hier son rapport annuel. Efficacité, frais de gestion maîtrisés, trésorerie importante : l’exercice de transparence annuelle des sociétés de perception et de répartition françaises montre encore une fois que leur travail, s’il peut faire l’objet de certaines critiques sur le détail, est honnête et sert bien les intérêts de leurs membres. L’un des points essentiels du rapport est le fait que les revenus des créateurs et artistes français en provenance…

Etat des lieux de la synchronisation musicale

La table ronde « synchronisation et musique à l’image : les bonnes pratiques » du salon EditA fut l’occasion d’un point sur la situation en France mais aussi à l’international de cette source de revenus importante pour les créateurs de musiques. Et aussi d’un peu de « bashing » en la matière sur certaines pratiques d’agences publicitaires ou de producteurs de l’audiovisuel… 

Publicité, films, programmes télévisuels, génériques d’émissions, musiques pour les nouveaux médias en ligne : « la musique à l’image, c’est autour de 50% du répertoire Sacem », a expliqué Olivier Delevingne, compositeur qui participait à la table ronde de mercredi dernier avec sa casquette de trésorier de l’Union des Compositeurs de Musiques de Films (UCMF). « Cela représente plus de 400 millions de revenus par an, c’est conséquent. La synchronisation n’est donc pas seulement une chapelle. Par exemple, 50% des programmes télévisuels sont faits avec de la synchronisation musicale. »

« Bonne réputation musicale de la France »

La synchronisation concerne soit des oeuvres spécialement composées,…

Isabel Dacheux « La filière doit rester mobilisée, impliquée et réactive ! »

Isabel Dacheux, présidente de la fédération d’éditeurs EIFEIL et ardente défenseuse du droit d’auteur livre une interview à ElectronLibre à l’occasion du 2eme salon Édita, qui se déroulera à Paris les 3 et 4mai prochains au Carreau du Temple à Paris.
La Fédération Eifeil organise pour la deuxième fois cette année le salon de l’édition musicale : en quoi est-il nécessaire d’organiser une rencontre autour de ce métier ?

Le métier d’éditeur musical est essentiel pour la création et la préservation des œuvres et des répertoires donc pour l’avenir de nos créateurs et l’intérêt du droit d’auteur, qui reste LE « partenaire » indispensable à la création. Pourtant il n’existait pas de salon dédié à ce métier en France !…

Partage de la valeur dans le monde du documentaire à l’heure des réseaux sociaux

Pour la mise en avant du documentaire, la stratégie est différente suivant les acteurs : tandis que les acteurs traditionnels, et surtout les télévisions publiques, déploient des tactiques de communication sur les réseaux sociaux – Twitter, Facebook, Snapchat – dans le but premier de rajeunir leurs audiences, les acteurs du web mettent d’abord en avant leurs partenariats avec les acteurs traditionnels, tels que celui de Spicee avec le Nouvel Obs, ou du nouveau venu Tënk avec la Sacem et Médiapart. 

Quelles sont les utilités du web pour le format documentaire ? C’est à cette vaste question qu’on tenté de répondre les différents intervenants de la conférence « Quels horizons pour le documentaire en ligne ? » organisée hier à Paris par la Scam. Hervé Rony, DG de l’organisme qui représente les réalisateurs de documentaires, a rappelé que, bien sur, le « hors ligne » représente encore aujourd’hui l’essentiel du marché « délinéarisé » du documentaire, c’est-à-dire de la partie qui n’est pas diffusée en télévision. En effet, le DVD en 2014 représentait encore 994 millions d’euros. C’est une baisse par rapport aux 1,4 milliards d’euros de 2011, mais cela laisse encore loin derrière la vidéo à la demande (VoD) et la video à la demande sur abonnement (SVoD) qui représentent respectivement 234 millions d’euros et 81 millions d’euros. « Le « en…

Quotas radio : l’UPFI défouraille dans la filière

Le ministère de la Culture et de la Communication convie les membres de la filière à se réunir pour discuter des quotas radio. Un geste d’apaisement qui est le bienvenu dans un contexte de fortes demandes de part et d’autre. L’Upfi et la Sacem ont réagi positivement.

Depuis le début de cette affaire des quotas à la radio, les producteurs indépendants jouent une partition bien à eux. Wagram, Tôt ou Tard, Because, Discograph, Zamora Label, Europacorp, ou Believe n’ont pas la même vision que d’autres membres de poids de la filière, comme la Sacem. La société des auteurs et son directeur général, Jean-Noël Tronc, s’est opposée en coulisses à une réforme des quotas poussée par le gouvernement, et qui irait plus loin que le texte prévu dans la continuité du rapport Bordes. En fin de semaine dernière, face à la montée de la colère, le ministère d’Audrey…

Baromètre de l’édition musicale : « le streaming n’avantage pas les éditeurs »

L’édition musicale a elle aussi des difficultés liées au passage au numérique, notamment du fait du peu de valeur actuellement créée par le streaming, mais aussi, de manière plus surprenante, du fait de la pression à la baisse sur les tarifs de la synchronisation musicale pour les formats publicitaires du web.

L’édition musicale – ou plus exactement les représentants d’environ 55% de l’édition musicale en valeur – présentait ce matin à Paris son baromètre 2010-2014. La version précédente, également réalisée par KPMG, avait porté sur les années 2010 et 2011, mais les éditeurs ont estimé, comme l’a dit le président de PeerMusic Bruno Lion aujourd’hui que « notre métier est un métier du temps long, et dans ce contexte, présenter un baromètre sur 5 ans, c’est mieux ».  « Pour ce baromètre, nos membres envoient leur data dans l’anonymat à KPMG, qui la traite. Comme les membres de nos deux organisations (CSDEM et CEMF, NDLR) représentent 55% de ce que répartit la Sacem aux éditeurs, nous avons utilisé ce ratio pour extrapoler les chiffres de tout le secteur, sauf pour certains sujets spécifiques », a t-il ajouté.

Le baromètre permet de réunir de nombreux acteurs de la filière et des médias autour du sujet de l’édition musicale,…

Les nouveaux vampires

Entre les producteurs de contenu (médias, audiovisuel, jeux) et le web gratuit, c’est l’histoire d’un malentendu. Un malentendu par lequel les producteurs ont été menés à croire qu’ils avaient un besoin vital des moteurs de recherche et autres réseaux sociaux, alors que c’est l’inverse. Foin du crowdsourcing ! Sans tout ce contenu professionnel, en grande partie, ces plateformes gratuites ne seraient rien. Elles ont un rôle essentiel à jouer dans la distribution dans l’univers numérique, mais elles n’ont pas l’obligation du modèle économique de leur partenaire de fortune.

Facebook, Google, Twitter et les autres chouchoutent de plus en plus les producteurs de contenu professionnel : Instant Articles chez FB, tentatives râtées dans la musique ou pour les newsrooms chez Twitter, ou encore contrats exclusifs de YouTube avec des stars de la vidéo, pour ne citer que quelques exemples. Le contenu crowdsourcé qui est amené sur ces plateformes par les utilisateurs lambdas (UGC) n’a plus trop la cote, avec le temps son attractivité diminue sensiblement.

Après combien de temps se lasse-t-on de lire les états d’âmes de sa belle-soeur sur Facebook, la dernière blague qui fait fureur sur Twitter ou la Xième vidéo de chat sur YouTube ? Probablement ces réseaux, avec leur « data », ont-ils une idée relativement précise du point d’inflexion…

Droit d’auteur et Europe, Audrey Azoulay en première ligne

Depuis ses annonces du 9 décembre, la Commission travaille « sous le radar » à la préparation de propositions législatives précises dans le cadre de sa stratégie numérique, et en particulier sur le droit d’auteur, la rémunération équitable des auteurs et interprètes, et la responsabilité des plateformes. Le résultat – et à certains égards le calendrier – de cette réflexion sont encore flous, mais les représentants de la culture à Bruxelles l’assurent : il y a encore de la place pour que l’influence politique de la France se fasse sentir sur ces dossiers, par la voix de la nouvelle ministre de la Culture, Audrey Azoulay, de Matignon ou de la représentation permanente à Bruxelles.

Les éditeurs de musique de la CSDEM, les auteurs de la Sacem, de la Sacd et de la Scam, l’ont tous dit haut et fort : ils comptent sur l’action de la nouvelle Ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay, sur les dossiers culture au niveau européen. En revanche, les producteurs du SNEP, de l’UPFI ou encore du SPI ne parlent pas clairement d’action au niveau européen dans leurs communiqués…

Commission culture, des amendements et des hommes

La loi liberté de création qui entre au Sénat. La commission culture de la chambre haute a validé un certain nombre d’amendements hier, dont l’un sur la copie privée dans le Cloud, ou encore un autre sur la transparence des comptes entre producteurs et artistes et enfin sur le Webcasting. En revanche, aucun amendement à signaler sur un régime de gestion collective dans le numérique, pourtant l’un des cheval de bataille des représentants des artistes et interprètes.

Qui sont les vainqueurs de cette première passe d’armes au Sénat ? En tout premier, et sans aucun doute, les créateurs de l’audiovisuel. L’amendement voté par…

La loi numérique mécontente à peu près tout le monde

Axelle Lemaire avait su diluer l’influence des « corps intermédiaires » du numérique et de la culture avant de présenter sa loi devant les parlementaires. Cette fois, le stratagème s’est renversé, et la grande bataille des amendements va pouvoir commencer.

La stratégie d’Axelle Lemaire avait certainement quelques avantages. En lançant une contribution publique, la secrétaire d’Etat avait gagné le droit de présenter un texte devant le conseil des ministres. Un texte peu convaincant, que le Conseil d’Etat n’a pas épargné. Le contexte législatif n’était donc pas optimal, mais cela n’avait pas entravé la marché du texte, poussé à Matignon par l’action décisive du conseiller George-Etienne Faure. Le conseil national du numérique…

Les pays émergents dans l’étude E&Y sur l’économie de la culture

La Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et Compositeurs a publié le  Panorama « Cultural times – The first global map of cultural industries » réalisé par EY. Les industries de contenus (TV, livre, jeu vidéo, film, musique, radio) et le spectacle vivant ont généré 1 034 milliards de dollars dont 477 rien que pour la TV, soit la moitié de tous les secteurs culturels confondus. Attentive aux préoccupations des créateurs aux quatre coins du monde, c’est en démontrant de l’impact de la culture sur le plan économique que la CISAC entend défendre leurs intérêts sur les marchés des pays émergents.

La prééminence de la bataille du droit d’auteur et de la répartition équitable de la valeur créée sur le digital n’est pas exclusive à l’Europe et à l’Amérique du nord. L’Asie, l’Amérique Latine et l’Afrique ont beau être des « économies informelles », elles sont nonobstant amenées à devenir de véritables mannes pour les créateurs. Leurs économies culturelles sont néanmoins appelées à basculer vers des écosystèmes régulés au vu du manque à gagner pour les ayants-droit. Il n’empêche que l’économie informelle représente des revenus essentiels pour les artistes-interprètes, bien qu’échappant à tout cadre légal. D’autant qu’elle vient répondre à une demande constante plus ou moins différemment selon les territoires, se substituant à…

Médiateur de la musique : bras de fer devant le Sénat

Le Sénat auditionnait mercredi matin les acteurs de la filière musicale quant à leurs positions respectives sur les articles 4, 5, 6 et 7 du projet de loi LCAP relatifs à la protection contractuelle des artistes-interprètes, aux relations entre les producteurs et les plateformes, à la rémunération web-radio, et à la création d’un médiateur de la musique. C’est une filière divisée qui s’est retrouvée face aux sénateurs, à la surprise de ces derniers. De quoi annoncer des négociations à venir compliquées. 

« C’est désespérant »… Le ton est donné. Après un tour de table des représentants présents de la filière musique, ce sont les sénateurs présents qui prennent la parole. La plupart connaissent bien les thématiques que trimbale la musique depuis 15 ans maintenant… « C’est désespérant », résume la sénatrice Sylvie Robert… Les déclarations des représentants…

Prodiss, 50 millions d’euros qui posent problème

Le syndicat national des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacle musical et de variété demande 50 millions d’euros au gouvernement pour sauver le secteur.

Le Prodiss, le syndicat des producteurs de spectacles  et de concert, avait organisé ce matin une conférence de presse. La première depuis les événement tragiques du 13 novembre. Jules Frutos, co-gérant du Bataclan, était présent et s’est exprimé. L’occasion fut solennelle, car la chute des ventes des billets pour les concerts (-80% dans la capitale) depuis les…